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DE LA VILLE DE PARIS.
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vous asseurant, Madame, que tout ce que nous pour­rons (aire tousjours pour le service du Roy et le
vostre, nous ne nous y espargnerons à faire au mieulx de nostre possible. A Paris, led. jour."
CCCCXI11. — Lettres de monseigneur le Connestable pour le Havre de Grace.
Mandement pour le guet. Lettres à monseigneur le mareschal de Brissac
3o juillet i5C3. (H i784, fol. 210 V; H 1785, fol. 36 v°.)
Du xxx" Juillet vclxiii.
«Messieurs,je n'a y voullu faillir de vous advertir, p:ir ce porteur que je vous envoie exprès, comme ceste ville du Havre a esté rendue (1> et remise en l'obeis­sance du Roy, avecq tout ce qui estoit appartenant ti Sa Magesté et à ses subjeetz, et s'en retournent Mess" les Anglois, peult estre aussy desplaisans et faschez d'avoir esté contrains de rendre cc qui ne leur apar­tenoit, comme ilz avoient prins plaisir de s'en-estre saisyz et emparez ; c'est chose dont nous debvons tous louer Dieu, tant pour l'importance dont elle estoit pour le service du Roy que bien ct utilité dc tout le royaulme, vous advisant que Dieu a preserve tous les bons seigneurs qui estoient icy pour l'execution de ceste en.reprise, qui tous font bonne chere; estant tout ce quc vous aurez pour ceste heure, sinon que je vous prye croire quc vous n'aurez jamais, en tout ce qui vous louchera, soit en general ou particullier, ung-meilleur amy quc celluy qui prie Dieu vous donner, Mess™, ce que plus desirez. Du camp estant devant le IIa\rc, le xxvuiejour dc Juillet mil vclxiii.
"ll me semble, Mess™, que nous avons faiclune si belle acquisition que vous en debvez faire louer Dieu à ung chacun, veu que c'est ung bien où tout le monde pailicippc."
Vostre bien bon amy.
MONTMORENCY.
Et au doz est escript : Receues le xxx" Juillet, ix heures du matin.
DELAISTRE;
Ced. jour, est comparu aud. Bureau François De­laistre, lieutenant de la compaignye du capitaine
Berault, lequel a remonstré que, ce jour d'huy, au­cuns sergens du Chastellet de Paris ont faict com­mandement à Adrien Martinet, demourant rue des Lombardz à l'enseigne de la Truye volant, de vuyder de lad. maison de la Truye volant pour y remectre ung nommé Lois Godart el Jehan Bizet, accusez, led. Bizet de faulce monnoye, el led. Godart de propos sedilieulx qu'il proffere de jour en jour, dont plu­sieurs habitans dud. quartier el aultres se sont grandement formalisez, voians que l'on voulloit mectre les biens dud. Martinet sur les Carreaulx, disans par eulx qu'ilz ne souffriroient ce, et reque-ransyestre pourveu pour obvier à l'inconvénient qui se presentoit, et acte de ce quc dessus pour sa des­charge.
Petit Pont.
ll est ordonneque les maistres des oeuvres de lad. Ville acoustreront une loge pour le fermier de Petit Pont en une des maisons apartenant à lad. Ville sur led. Petit Pont, en laquelle est à present demourant
,-et icelle meclront en tel eslat que led. fermier y puisse faire faire sa recepte, pour, ce faict, estre signiffié aud. fermier qu'il se retire et ayde d'icelle, si bon luy semble, ad ce que cy après il ne puisse pretendre ou demander aucune recompense.
Pour li; Guet.
"Ambroise Baudichon, Quartenier de lad. Ville,
signifiiez et faictes sçavoir à tous les capitaines de
vostre quartier qu'ilz ayent doresnavant à aller et.
assister aux guetz et rondes ordonnez cy devant estre
C Après nn siège meurtrier, durant lequel les Anglais furent décimés par la pesle et la famine, le comte de Warwick, leur chef, voyant deux brèches pratiquées dans les remparts et l'assaut imminent, jugea impossible la prolongation de la résistance et, ne comptant plus sur l'arrivée du secours attendu, finit par se décider à ouvrir des négociations avec le Rhingrave qui commandait l'ar­mée d'inveslissomenl; il lui envoya, le 28 juillet, sir Hugues Poulet, Maurice Denys et Pelham qui arrêtèrent les termes de la capi­tulation. Les Anglais s'eslimèrent heureux de pouvoir se retirer, laissant "dedans la place toute l'artillerye, munitions et tous Ics vaisseaulx qui y estoient en grand nombre, emportant pour tout butin la peste dont à la verite ilz estoient fort travaillez, peu d'honneur et de proffict-. (.Cf. la lettre de Catherine de Médicis à M. de Rennes, t. 11, p. 80; H.' Laferrièrc, Le xvi' siècle et les Va­lois, p. 1 53-1 54.) Robert Estienne, imprimeur du Roi, obtint, le 23 août, privilège pour l'impression du discours au vray de la reduction du Havre de Grace,en l'obéissance da Roy. [Archives nationales, Parlement de Paris, X1" 1606, fol. 196 v°.)
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